Cent pour Un, se regrouper pour aider

Cent pour Un, se regrouper pour aider

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Aider les gens qui n’ont rien. Rien du tout. Leur donner un toit et avec, une dignité. Sans attendre. Sans vouloir se substituer à l’État. En agissant, pas simplement en tant qu’individu, mais ensemble, en groupe, à plusieurs pour aller plus vite dans l’action. A plusieurs pour permettre à chacun de donner ce qu’il peut. Une idée lancée par une association à Nice qui porte bien son nom, Cent pour Un. Avec un financement participatif il est possible de changer le destin des familles qui dorment dans la rue. Il y en a de nombreuses dans les Alpes-Maritimes.

 

Bernard Gassin, Nadia Roman, Radija Boukhalfa, Marie-Catherine Gassin, membres fondateurs de Cent pour un 06
Bernard Gassin, Nadia Roman, Radija Boukhalfa, Marie-Catherine Gassin, membres fondateurs de Cent pour un 06

Combien de fois la sensation d’impuissance nous a envahis à la découverte du drame d’une personne morte de froid dans sa condition de sans-abri. Ou quel sentiment d’injustice nous a tourmentés l’esprit en voyant un enfant qui dort avec ses parents sur un trottoir. Faire quelque chose de manière concrète pour essayer de changer cette situation de misère est possible. Il faut appeler les associations comme Cent pour Un 06, à Nice.

Cette association a créé un système de financement participatif. Le concept est simple et clair. Quand 100 personnes acceptent de donner 5, 7 ou 10 euros par mois pendant un an, il devient alors possible de louer un petit appartement pour héberger une famille en situation d’extrême misère. C’est concret. C’est donner l’équivalent du prix de trois cafés par mois, pour faire sortir une famille en situation de détresse absolue de la rue. C’est possible pour tout le monde. « On donne ce qu’on veut, ce qu’on peut. Toute participation est essentielle », rappelle Bernard Gassin un des fondateurs de cette association née en décembre 2017.

Cent pour Un 06, gère tout. Les adhésions, les donations, la recherche d’appartements, les assurances et le suivi des familles. « La location est au nom de l’association qui garantit toutes les exigences du propriétaire qui nous loue. Nous sommes garants en tous les sens du terme », assure Bernard. Depuis sa création, un appartement a déjà été loué pour une veuve avec ses deux enfants. Une femme qui a vécu l’impensable. Elle se trouvait sans rien à Nice. Sans aide. Sans toit. Sans perspective. Cette première location a été possible grâce aux dons de plusieurs azuréens qui se sont ralliés à la cause de l’association qui aujourd’hui compte 115 adhérents.

La famille est maintenant logée dans un deux pièces dans le quartier Vernier. Avec cet appartement les enfants peuvent continuer leur scolarité de façon pérenne. Un réseau de solidarité local et d’autres associations en binôme avec Cent pour Un 06 les accompagnent dans toutes les démarches. Pendant un an tout sera fait pour les aider à retrouver une vie digne et pour qu’ils puissent gagner leur propre autonomie.

QUAND 5 EUROS PEUVENT CHANGER UN DESTIN

Plusieurs personnes sont en attente d’aide. Les critères de sélection sont difficiles, pour cette association. Le choix considère les familles avec enfants et l’absence totale d’assistance. « Ce sont des gens qui sont au bout de tout, sans aucun recours dans les dispositifs existants », explique Nadia Roman. « Nous ne voulons pas et ne pouvons pas remplacer l’État. Mais nous avons notre responsabilité de trouver des solutions aussi. La solidarité peut énormément de choses » explique-t-elle, elle qui fait partie des responsables bénévoles de Cent pour Un 06.

La ville de Nice offre des solutions d’hébergement d’urgence pour les hommes (33, rue Trachel ) et pour les femmes (2, rue de l’Ancien Sénat), mais elles ne sont pas adaptées pour les familles. Il existe d’autres dispositifs comme le 115, le Samu Social, un recours d’urgence et temporaire pour les cas désespérés. Mais cela ne suffit pas. Il n’y a pas assez de logements sociaux. Plusieurs parents avec leurs enfants se retrouvent donc à la rue à Nice, Menton, Cannes ou ailleurs dans les Alpes-Maritimes. Il n’y a pas de statistiques officielles sur le nombre de personnes qui dorment sur les trottoirs. Mais les associations humanitaires qui travaillent directement avec ces problématiques dans le département, parlent de dizaines de familles dans cette situation. Une preuve réelle est la liste d’attente auprès de Cent pour Un 06. Uniquement à Nice, il y en a déjà 10 en demande d’aide.

NOUS POUVONS TOUS LE FAIRE

L’idée de ce financement participatif est née du besoin de faire quelque chose de concret et vite pour les gens en détresse. Des situations que les 8 membres fondateurs qui collaborent ou qui sont en contact avec d’autres associations (Réseau d’Education Sans Frontières, Tous Citoyens, Les Restos du Cœur et Habitat et Citoyenneté) ont vécu à travers leur expérience. « Nous voyons régulièrement des gens en situation de misère, financière et humaine. Difficile de ne pas s’émouvoir. Il faut vivre pour comprendre » avoue Bernard Gassin. « Pour nous il ne s’agit pas de dossiers, de noms, de numéros mais de personnes à la limite du désespoir. Comment est-ce possible de ne rien faire quand on côtoie ces histoires ? ». C’est Radija Boukhalfa, une autre membre-fondatrice de l’association, qui continue « Si on ne veut pas voir, on ne voit pas. Mais quand on s’intéresse c’est tellement possible d’aider ceux qui sont là, juste en bas de notre immeuble, en situation de misère absolue. Agir c’est une question d’envie. Nous pouvons tous le faire », dit Radija. Il existe d’autres ‘Cent pour Un’, dans d’autres départements. Leurs succès ont donné l’inspiration pour créer celui des Alpes-Maritimes.

A LA RECHERCHE D’UN STUDIO

Actuellement, l’association cherche d’urgence un appartement meublé dans le quartier Riquier (élargi), un studio ou 1 ou 2 pièces. Il sera destiné à une femme isolée avec deux adolescents. Ils n’ont pas de logement. Leur condition est très précaire. « Nous rappelons, que l’association garantit le parfait état de l’appartement », dit Marie-Catherine Gassin, elle aussi est parmi ceux qui ont créé l’association. C’est elle qui est en contact avec les agences immobilières. « Nous offrons plus de garanties que n’importe quel locataire », rappelle-t-elle. Le loyer est payé un an d’avance, les bénévoles assurent le suivi des hébergés et ils n’hésitent pas à faire des réparations si nécessaire. Luc Chesnel, Gérard Roman, Nicole Scheck et Pierre Alain Manonni, font aussi partie des bénévoles qui ont créé l’association.

Les propriétaires et les agences intéressés par la location d’un appartement peuvent contacter l’association à l’adresse email centpourun06@gmail.com ou appeler au +33 (0)6 84 15 78 46. Ces coordonnées sont aussi valides pour ceux qui veulent adhérer. L’association est ouverte à toutes et à tous inconditionnellement. Plus de participation il y aura, moins de familles seront susceptibles de dormir dans la rue. Une perspective humainement inestimable.

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